mardi 4 août 2015

Une berceuse révolutionnaire...

James Coburn et Rod Steiger
La nuit est chaude et tranquille. Très chaude, mais pas si tranquille. Au loin, on entend les rires de vacanciers qui mélangent honteusement les grillades, le rosé et la bonne humeur.

Dans la chambre, le ventilateur tourne à un rythme régulier, berçant ma mélopée (d'une voix qui susurre).

Les enfants dorment mais, par réflexe, je continue de fredonner un thème, le thème d'Il était une fois la révolution, d'Ennio Morricone, la seule musique qui les endorme à coup sûr depuis leur naissance (j'exagère, il y avait aussi Petit Ecureuil, et Doucement s'en va le jour). D'une voix traînante et douce, mal assurée dans les graves, je pense à la douceur de cette ballade nostalgique qui accompagne les images d'explosion et de révolution, le sourire de James Coburn, celui de Rod Steiger...

" - Papa, chante-nous ta chanson !
- Avec plaisir les enfants. "

Non dissimulé, le plaisir. Je ne me fais jamais prier pour revisiter cette merveille de musique, qui accompagne si bien ce chef d’œuvre mésestimé de Sergio Leone. Les frissons me parcourent, l'émotion me noue la gorge, je suis ému de la beauté de cet hymne et du bonheur de le partager avec mes enfants. Ce moment particulier, de partage, de communion, de transmission, je n'en avais même pas rêvé.


Au loin, le feu d'artifice est en passe de commencer. Le silence et la quiétude sont définitivement brisés, mais les enfants dorment, paisiblement. C'est l'essentiel.