mercredi 20 octobre 2010

On vieillit mal, hein ?

Putain Tony Curtis est mort.


Ca c'est dur à vivre. Tony Curtis, c'était une certaine idée du cinéma, de la télévision, de la vie en général. Humour, légèreté, charme... "Dans la vie, faut pas s'en faire" chante Maurice Chevalier, tiens ben c'est ça, exactement, l'accent pourri en moins. Ses yeux qui pétillaient et sa voix faussement nasillarde qui balançait un "après vous ton altesse" dans "The Persuaders" resteront pour toujours mon parangon de la classe ultime (même si, pour la voix, c'est bien entendu celle du formidable Michel Roux qu'il faut féliciter, j'ai ensuite appris à apprécier la voix originale de Tony).


J'ai en mémoire bien entendu son rôle de Danny Wilde mais je garde aussi un souvenir particulièrement ému d'Houdini le grand magicien, vu dans mes jeunes années et jamais oublié (un veau n'aurait pas mieux ni plus pleuré que moi à la fin ma bonne dame), et bien entendu du maintes fois vu et revu (et revu) Some like it hot, du grand Billy Wilder avec Marylin Monroe et Jack Lemmon.


Ce qui est amusant, dans ce monde individualiste du cinéma, c'est que Tony Curtis a fait toute sa carrière avec son nom accolé à un autre. Celui de Janet Leigh bien entendu, sa première femme, mais surtout il fait des couples d'hommes inoubliables : Avec Roger Moore, donc, pour The Persuaders, et Jack Lemmon dans Some like it hot, mais tout au long de sa carrière avec les plus grands : Sidney Poitier dans La Chaîne, Kirk Douglas dans Les Vikings et à un degré moindre Spartacus, Burt Lancaster dans l'inoubliable Trapèze et Le Grand Chantage, Yul Brynner dans Tarass Bulba ou Walter Matthau dans le mésestimé La puce et le Grincheux.

C'est agréable de se dire que le Grrrraaaannnnd Tony Curtis (il le mérite) n'a jamais été seul, toujours accompagné, toujours bien accompagné sous les projos...
Il a beaucoup tourné avec Blake Edwards, beaucoup de comédies et c'était donc un grand monsieur. Par Pierre, je le répète, ou non, plutôt je le cite, longuement :
"Mais elle est immense, mon cher , la prétention de faire rire. Un film, un livre, une pièce, un dessin qui cherchent à donner de la joie (à vendre de la joie, faut pas déconner), ça se prépare, ça se découpe, ça se polit. Une oeuvre pour de rire, ça se tourne, comme un fauteuil d'ébéniste, ou comme un compliment, je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire avec ce trou béant dans ta boîte crânienne... Molière, qui fait toujours rire le troisième âge, a transpiré à en mourir. Chaplin a sué. Guitry s'est défoncé. Woody Allen et Mel Brooks sont fatigués, souvent, pour avoir eu, vingt heures par jour, la prétention de nous faire rire. Claude Zidi s'emmerde et parfois se décourage et s'épuise et continue, et c'est souvent terrible, car il arrive que ses films ne fassent rire que lui et deux charlots sur trois. Mais il faut plus d'ambition, d'idées et de travail pour accoucher des Ripoux que pour avorter des films foetus à la Duras et autres déliquescences placentaires où le cinéphile lacanien rejoint le handicapé mental dans un même élan d'idolâtrie pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la merde."

Bref, je me sens un peu orphelin, là... Un petit sourire et ça repart ?
 


lundi 17 mai 2010

En vérité je vous le dis...

Y a pas de quoi être fier.


Je ne sais pas si tu te rappelles, dans le merveilleux Marius et Jeannette de Robert Guédiguian, quand Marius ne donne plus signe de vie à Jeannette, ça la mine, et du coup Dédé et Justin vont à la cimenterie pour voir ce qu'il devient. C'est un soir de match, de coupe PSG OM d'ailleurs il me semble mais ma mémoire défaille sur ce point précis.


Bref revenons-en à nos moutons parce que l'essentiel est proche mais ailleurs. C'est un soir de défaite, une demi-finale de coupe, c'est peut-être Auxerre en fait va savoir. En tout cas contre l'OM et l'OM perd.
 
Au moment de faire le mur de la cimenterie où vit et travaille Marius, c'est le plus jeune, Dédé, qui se traîne. En substance, pour se justifier il dit à Justin que c'est comme ça à chaque fois que Marseille perd au foot, ça lui casse le moral et les jambes avec.
 
En fait c'est peut-être la finale de la coupe de france 2006 PSG OM 2-1 finalement. Toujours est-il que Jean-Pierre Darroussin, alias Dédé, est brisé. Plus de jus. Et c'est formidablement bien senti par Guédiguian. Parce que le sentiment de lassitude qui accompagne les errements de l'équipe de foot de Marseille est perceptible physiquement sur la grande majorité de la population de la région.


Moi-même, qui ne suis pas fan de foot pour deux sous, mais l'Ohème, c'est différent parce que c'est MA ville (haha tu te rappelles de l'Irlandais dans Braveheart ? "C'est MON île !" enfin bref), moi-même disais-je avant de me perdre encore dans je ne sais quelle digression aussi inintéressante que mal racontée, moi-même cadre propre sur lui, diplômes partout costard attaché case et bien moi aussi, je suis heureux et détendu quand l'OM gagne, malheureux et prostré quand "ILS" perdent.
 
Et pourtant... Dimanche, la honte... Je me rappelle un temps pas si lointain où les supporters marseillais étaient les parangons de l'amour fraternel et interethnique, heureux de vivre et en harmonie avec le monde "sachant", un temps où pas si lointain où dans le stade résonnaient des chants mélodieux ("c'est chaud, c'est chaud, j'enc*** les fachos !").
 
Qu'est-ce que j'apprends-t-y pas ce matin ? Pour fêter la victoire de l'OM en championnat, des gros cons se sont payés un autodafé, giraficide ignoble, insulte à la culture et à l'amour du livre.
Ils ont brûlé Zarafa. Il va me falloir du temps pour digérer la honte.

jeudi 25 mars 2010

Sur la route

Une fois n'est pas coutume, je suis parti en retard. Non mon chef, ne t'étrangle pas, ok, c'est vrai, en ce moment c'est difficile. Il y a une espèce de petit Mogwai qui se transforme en Gremlin toutes les nuits depuis plusieurs mois et qui accapare rêves et cauchemars... Ne nous plaignons pas, il pourrait être moche chiant et en mauvaise santé. Juste, il veut nous voir la nuit...

Bref, ce matin, il s'avère qu'il s'est réveillé vers trois heures du matin pour souhaiter un joyeux anniversaire à son papa, rentré à une heure d'une réunion. C'est un enfant attentionné. Ensuite, la fête à maman, parce qu'il ne faut pas qu'elle soit jalouse, hop au tété pendant une heure. Bonne nuit.

Pour me venger, je lui ai mordillé le ventre toute la matinée après avoir reçu le DVD du Tribunal des Flagrants Délires en cadeau de ma belle-mère. Je l'aime. Donc, un peu en retard, et me voilà en voiture. Je me suis fait un petit plaisir à écouter Bernard Dimey et son album l'encre d'après minuit. Ca commence par A Paris y a des ponts et un accordéon qui valse derrière les mots joyeusement désenchantés du poète.

L'air est frais, ma fenêtre ouverte, en contrebas dans le champ une vieille Renault bleu ciel, ancêtre du break est garée au milieu des pissenlits en fleurs et des oliviers. Je pense à La Soupe aux Choux, musette et champ vert...


La vie est douce quand on est heureux !
Pour tout te dire, j'aime bien un petit coup de mélancolie de temps en temps, j'avais pris cet album pour écouter le très triste 40 ans, mais la chanson n'est pas dessus, je me console avec j'ai 3 amis et Frédo, et la Crucifixion que le Papy m'avait faits découvrir il y a quelques années...

Je me demande ce qu'il aimera, Martin, si nos cultures respectives à sa mère et à moi l'influeront, l'enrichiront, comment ? En quelle proportion ? Les paquerettes et les pissenlits du rond-point de Rognac se disputent la vedette, il semble bien que le printemps est là depuis quelques jours. Vivement ce soir...

dimanche 7 mars 2010

un dimanche matin

Un vrai bon dimanche matin, c'est quand tu te réveilles une première fois auprès de ton amour. Et puis tu te rendors.
Et puis quand tu te réveilles, elle n'est plus là. Elle arrive avec un café, tu as réussi à endormir le bébé entre temps. Il dort du sommeil du juste.

Le juste, c'est celui qui t'a empêché de dormir à partir de 4h du matin et qui, le sentiment du devoir accompli, s'écroule vers 8h...

Les cafés suivants, autour de la table, à se réveiller en famille.

Et puis un air s'installe dans ta tête, un air léger et suranné, qui vient du fond des âges et qui respire le bonheur, la douceur de vivre et d'aimer...

Parlami d'amore, Mariu, tutta la mia vita sei tu, tuoi occhi belli brillano, come due stelle scintillano... C'est Vittorio de Sica
dans Due cuori felici...



A écouter sur deezer, les magnifiques versions par Enrico Rava...